En mission aux îles Chesterfield

Publié le par pacifique-decouverte

Le récif des Chesterfield : qui connaît ?

 

Philippe paye une bière à celui qui sait situer l'ïlot Loop sur une carte du monde sans se tromper (précision : il faudra venir la boire à Nouméa). Pour les autres, c'est à environ 450 milles nautiques au nord ouest de Nouméa en pleine mer de Corail, soit 850 km en langage normal.

 

Départ le lundi 16 avril 2012 pour 42h30 de route (façon de parler) à 11 noeuds avec le vent derrière (la précision est importante, vous verrez pourquoi par la suite...).

 

L'îlot Loop, c'est ça : moins de 300 mètres de long et pas beaucoup de large. Il est au fond du V formé par les diverses îles de ce lagon, fréquenté seulement par les militaires et les scientifiques... et plus épisodiquement par quelques pêcheurs ou voileux plus ou moins solitaires... 

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Arrivée sur zone le mercredi matin, boulot toute la journée du mercredi et le jeudi matin.   DSC00658cb

 

Beaucoup de voisins volants viennent assouvir leur curiosité. Il faut protéger le matériel par des astuces si on veut que ça marche après notre départ.

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Si vous ajoutez le bruit et l'odeur, hé bien, le travailleur sur Chesterfield devient fou, comme dirait un ancien président de la république. En parlant de fou, il y a 3 sortes de fous sur Chesterfield : le fou masqué, le fou à pattes rouges et le fou brun (dans l'ordre dans les photos ci-dessous). Quand on rajoute les puffins et les noddies, ça fait du monde !

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Quand je dis qu'ils sont nombreux, regardez bien dans le ciel sur la photo ci-dessous, les points noirs ne sont pas un défaut de la photo, mais ce sont eux : LES OISEAUX. Amis ornithophobes, n'allez pas à Chesterfield. Si, si, l'ornithophobie est une phobie qui existe. Si vous faites partie de cette catégorie, peut-être traumatisé par Hitchcock, vous êtes bon pour passer à la TV chez Morandini ou pire, dans une émission avec Sophie Davant... Bref, si vous ne supportez pas les oiseaux, évitez les îles au milieu de l'océan !

 

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Le jeudi, au repas de midi, on fête la réussite de la mission. De notre côté (c'est-à-dire ceux qui ont travaillé sur terre), on a ramassé des tiques et du côté de l'équipage du navire, ils ont ramassé des langoustes dans le lagon. On partage tout à table. C'est vrai que certains sont plus gagnants que les autres dans ce partage...

 

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Avant le départ, on va quand même mettre la tête sous l'eau. Les fonds sont magnifiques ! Très poissonneux, d'ailleurs les requins aussi semblent apprécier. Je commence à rentabiliser l'appareil photo sous-marin !

 

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Jeudi soir, il faut songer au retour. Et là tout change : dès la sortie du lagon, vent de face, à 20 ou 25 noeuds et creux de 4 mètres. Le bateau monte lentement..., puis retombe lourdement, ...il monte lentement..., puis retombe lourdement, ...il monte lentement, ...puis retombe lourdement, etc.  C'est chiant hein ? Rien que de le lire c'est insupportable, alors le subir pendant 24 heures vous imaginez ? Mais voici le meilleur (enfin, le pire !) : partageant la cabine avec le chef mécano, celui-ci, en revenant de son quart le jeudi soir, n'a pas supporté non plus ces montées et descentes. Bref, un rejet buccal sous forte pression d'une partie du contenu de son estomac (dit d'une autre façon, il a retapissé la cabine en gerbant comme un malade). Et évidemment on ne peut pas ouvrir le hublot, déjà qu'on ne peut pas ouvrir la porte sans la prendre aussitôt dans la tête... C'est dans ces moments là qu'on se demande ce qu'on a bien pu faire pour mériter un tel châtiment. Un vrai chemin de croix maritime. Au secours !!!

 

Malheureusement, pas de photos de ces moments mémorables. D'abord ce n'est pas très photogénique et puis on n'y pense pas, mais alors pas du tout quand on y est !

 

Au bout de 24h on commence à s'habituer un peu, et puis il faut bien se lever pour aller manger.  Arrivée sur la terre ferme 48h après le départ, le samedi après-midi. Ah que c'est bon la terre ferme.

 

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