Moné, Bouo, Dodo
Poursuite des ascensions des Monts Koghis le samedi 30 novembre. Aujourd'hui c'est le Mont Moné puis le Mont Bouo qu'on voit ci-dessous depuis Nouméa.
Le temps est splendide au départ vers 7h30. Il faut partir tôt car sans être une très longue balade, le relief est accidenté et la progression par moments difficiles au milieu des rochers. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Isabelle a décliné l'invitation... pour mieux se préparer pour d'autres randonnées...
Départ vers 460 mètres d'altitude. Première étape à la cascade après 30 mn de marche environ. Pas de difficulté jusque là, c'est quasiment plat. Mais c'est la dernière fois de la journée...car ensuite, c'est par ici le Moné...
Commence alors une ascension de 500 mètres, quasiment tout droit et en terrain découvert. Soit il pleut et c'est très glissant, soit il fait beau et on est en plein soleil. Aujourd'hui c'est la 2e option. L'avantage avec ce temps, c'est la vue magnifique.
La presqu'île de Nouméa :
La Baie de la Dumbéa au fond à gauche :
Pas mal de fleurs en montant, comme les habituelles Drosera, dont les feuilles piégées sont toujours aussi photogéniques.
Des orchidées aussi bien sûr avec une multitude d'Earina deplanchei, une endémique poussant en altitude dans le maquis minier ouvert et ensoleillé :
La montée continue :
Et le sommet approche :
La presqu'ile de Nouméa vue depuis le sommet :
Des Araucaria muelleri :
1075 mètres, on est enfin en haut !
En cherchant un peu (et même beaucoup en fait), on trouve dans le coin, des pieds de Parasitaxus usta. Dis comme ça, rien d'extraordinaire, mais le parasitaxus est le seul cas connu (dans le monde !) de Conifère parasite. C'est donc évidemment une espèce endémique, qui parasite en plus un autre Conifère endémique, le Falcatifolium taxoides. Bref, l'une des curiosités botaniques dont la Nouvelle-Calédonie a l'exclusivité ! De couleur rouge vif sur les jeunes pieds, il devient violet lie de vin en grandissant et en se ramifiant.
Bon, jusque là tout va bien, le tour des sommets se dirige maintenant vers le Mont Bouo, mais il faut descendre puis remonter...
Beaucoup de Dendrobium crassicaule dans la petite forêt au passage :
Sommet du Bouo, 1059 mètres, la vue est moins dégagée qu'au Moné.
Le plus délicat commence ensuite avec la descente du Bouo. Deux heures de crapahutage dans les rochers.
Par endroits, on remarques quelques orchidées dignes d'intérêt comme ce magnifique Coilochilus neocaledonicus en fleurs:
D'autres fleurs plus classiques, comme le Xeronema moorei, appelé plus simplement la brosse à dents de montagne. On la rencontre souvent dans les endroits rocheux et en altitude.
Ou le Xanthostemon avec ses fleurs jaunes spectaculaires :
Finalement on revient, après quelques ultimes détours, au point de départ, en fin d'après midi, un peu fourbu. C'est une magnifique balade, mais voici quelques conseils pour que la randonnée ne se transforme pas en galère :
- n'oubliez pas de signer la décharge de responsabilité comme indiqué au départ du sentier. Ce n'est pas une promenade de santé et ça pourrait servir (pas à vous bien sûr, mais au propriétaire des lieux qui vous laisse passer sur sa propriété et qui ne veut légitimement pas être responsable de ce qui peut vous arriver)
- la balade peut se faire dans les 2 sens (principe de la boucle), mais si vous voulez garder les fesses propres, faites le Moné plutôt en montant qu'en descendant, surtout s'il pleut ou s'il a plu récemment (le "verglas" calédonien est traître sur ce type de pente...). D'ailleurs s'il pleut, il vaut mieux ne pas le faire du tout, car les rochers du Bouo, devenus bien glissants, se transforment en fabrique d'entorses.
- si vous ne supportez pas de porter un chien dans vos bras en sautant de rocher en rocher sur la pente du Bouo tel un cabri, n'amenez pas le chien. Même restriction pour votre femme si elle a le vertige (c'est vrai aussi dans le cas où c'est le mari, mais de toute façon, c''est plus rare que la femme porte son mari).
- prenez des bonnes chaussures. Des amis calédoniens nous ont dit qu'ils faisaient la balade en claquettes depuis qu'ils sont petits, mais c'est justement parce qu'ils le font depuis qu'ils sont petits, qu'ils peuvent se le permettre... Si ce n'est pas votre cas et que vous tenez à garder vos chevilles et vos genoux en bon état, il vaut mieux partir bien chaussés.