Une journée nickel ! (ou une journée magnifique)
Le samedi 8 décembre, lever à 6h pour aller visiter Thio, à 1h30 de Nouméa sur la côte sud-est du Caillou. Pourquoi Thio : ce n'est pas pour l'élection des Miss France ni pour le téléthon qui se déroulent le même jour, mais pour visiter la mine de nickel de la SLN (Société Le Nickel). L'histoire de Thio (du moins contemporaine) se confond complètement avec celle de la SLN, depuis les 130 dernières années. Tout est (ou a été) SLN à Thio : les maisons, les magasins, le dispensaire, le cimetière (dans cet ordre...). Maurice, notre guide passionné, est enthousiaste sur Thio, la SLN et la qualité du nickel de Nouvelle-Calédonie (c'est pas le nickel au rabais des Canadiens, Môsieur, ici c'est du nickel magnifique !), même si en 130 ans, la teneur moyenne en nickel des minerais extraits est passée de 15 % à environ 2,6 %.
Alors maintenant on paye pour aller pousser des wagons au fond de la mine ? En fait, la mine est à ciel ouvert, sur un plateau où l'on monte en bus, et ça fait longtemps qu'il n'y a plus de wagons, mais des camions monstrueux appelés dumpers. Ah l'engin !
100 tonnes à vide, plus 100 tonnes de chargement. Il paraît que ça se conduit aussi facilement qu'une voiture... Hum, hum, à vérifer (surtout pour les créneaux...). En tout cas, on n'a pas laissé Isabelle vérifier... La sécurité est l'une des priorités de la SLN.
On fait petit à côté. 80 millions de francs pacifique (666 000 euros) l'engin et 1 million le pneu (8 300 euros).
Explications précises de Thibault, le chef du chantier, devant la mine, avec son cratère et ses gradins caractéristiques .
Première étape, il faut creuser, dorénavant dans les latérites, pour récupérer le nickel.
Les camions transportent ensuite leur cargaison vers le triage, où les roches stériles vont être séparées de celles riches en nickel.
La séparation des stériles se fait essentiellement par criblage et concassage sur le "tritout" (ah ah, ils se foulent pas pour les noms ! mais au moins on comprend bien à quoi ça sert !)
La partie la plus riche en nickel est ensuite transporté jusqu'au wharf, où elle est embarquée pour l'usine de Nouméa.
L'autre priorité de la SLN (avec la sécurité) est la préservation de l'environnement (il serait temps diront les mauvaises langues, mais mieux vaut tard que jamais, il y a juste quelques années de retard à rattraper, 130 en arrondissant). Des actions de revégétalisation des parties couvertes de roches stériles sont donc en cours à divers endroits sur la mine et le résultat est spectaculaire (ou magnifique selon qu'on s'appelle Maurice ou pas).
On voit bien effectivement les parties traitées et celles qui restent à faire.
Après la visite de la mine, le repas est pris à la tribu de St Paul, en remontant sur quelques km la rivière Thio (magnifique dixit encore Maurice).
Les plats sont nombreux : gratin de patates douces, salade de papayes vertes, bougna de légumes, chouchoutes à la crème, tomates farcies au riz, etc. Sans oublier les desserts : fruits de saison et gâteau pour fêter la fin de l'année !
Après le repas, un stop au cimétière (aucun lien entre les 2 évidemment !). Il est assez remarquable, car il est magnifique (toujours d'après Maurice), mais surtout il contient un important carré de tombes pour les Japonais venus travailler dans les mines de Thio dans la première moitié du XXe siècle. Il rassemble environ 150 pierres tombales, chacune constituée d’une pierre plate dressée portant des inscriptions en japonais. Une grande stèle rend hommage aux Japonais morts sur mine. Mais il va falloir songer à les rénover rapidement sous peine de les voir disparaître définitivement...
Deux autres points d'intérêt (magnifiques évidemment) à ne pas rater à Thio. L'église mariste polychrome de Thio Mission, avec son clocher hexagonal et ses 2 tourelles rondes :
Et les pétroglyphes, des dessins symboliques gravés sur de la pierre :
Sur la route du retour, qui serpente de Thio à Boulouparis, on ne peut pas rouler trop vite, car ça tourne souvent. C'est donc l'occasion de chercher dans les arbres quelques épiphytes... Et là c'est un travail de groupe :
1) Joël et Christine, nos amis quasi professionnels de la recherche d'orchidées, ont repéré le mois précédent les arbres sur lesquels poussent certains pieds (pas en fleurs à ce moment-là),
2) Isabelle repère aujourd'hui les fleurs, depuis la voiture à 60 km/h
et 3) Philippe s'arrache la peau des jambes pour aller le plus près possible pour les photographier. Bref la photo de la fleur de Luisa teretifolia est un vrai miracle et le résultat d'un travail collectif...
Mais elle est est magnifique, non ?