On ne chôme pas à la Montagne des Sources
Mercredi 1er mai, comme indiqué dans le titre, on n'a pas chômé : montée jusqu'au sommet (ou presque...) de la Montagne des Sources, à une dizaine de km juste au sud de Nouméa.
Il faut traverser quelques creeks, bien alimentés car les jours précédents ont été pluvieux, çe qui permet de se rafraîchir les pieds...
La Montagne des Sources est une zone qui a subi l'un des plus grands feux de forêts de Nouvelle-Calédonie lors de l'été 2005-2006. Pendant 5 jours, le feu a détruit 4 300 ha de forets humides et de maquis. C'est l'un des incendies les plus ravageurs, qui a impacté 3 aires protégées et a menacé le Parc de la Rivière Bleue tout proche. Les séquelles sont encore bien visibles.
Par endroits, on aperçoit des zones de reboisement pour remettre un peu de végétation arborée sur ces parties encore pelées.
C'est une randonnée relativement facile, elle suit une route jusqu'à l'entrée de la zone interdite, où 100 mètres avant environ, il faut bifurquer vers la droite pour poursuivre son chemin dans un sentier peu visible et assez glissant après des fortes pluies.
On aperçoit des filons de minerai le long de la route, qui rappelle que l'on est toujours plus ou moins dans une zone minière en Nouvelle-Calédonie.
Pour ceux qui ont suivi les épidodes précédents, vous vous doutez bien que la montée en haut de la montagne n'avait pas juste pour but d'atteindre le sommet. C'était surtout l'occasion d'aller chercher des orchidées qui prospèrent dans ces biotopes. Et on n'a pas été déçu !
Le long du chemin, on trouve beaucoup d'Eriaxis rigida, une orchidée pionnère (mais qui ne fleurit qu'en été d'octobre à décembre), commune sur le maquis dégradé, qui, grâce à ses racines charnues, tire avantage du passage des feux en conquérant l'espace libéré. Donc ici, évidemment, elle prospère !
En rentrant un peu dans la forêt (là où il en reste bien sûr...), on trouve rapidement pas mal d'orchidées au mètre carré.
En regardant dans les arbres, on trouve des épiphytes. Ci-dessous, Isabelle regarde donc dans les arbres...
On tombe d'abord sur des Phreatia pachyphylla, un petit épiphyte en (toutes petites) fleurs.
On voit bien les fruits sur la hampe florale avec les fleurs minuscules au bout de la hampe.
La fourmi rouge sur les fleurs à l'extrémité de la hampe donne une bonne idée de la taille des fleurs !
En lisière, il y a des Bouletia finetiana (ex Dendrobium finetianum), une espèce épiphyte endémique aux tiges grêles, qui pousse parfois un peu haut sur le tronc...
Pas très facile à remarquer, une Clematepistephium smilacifolium, une très longue liane grêle, sans vrille ni racine adventive, qui grimpe jusqu'à la cime des arbres en s'enroulant simplement autour du support. Cette espèce n'est pas sans rappeler la Vanille.
Au passage, un escargot terrestre géant, qu'on a d'abord confondu avec un Achatine (cette cochonnerie qui se reproduit très vite et en grande quantité, et qui fait beaucoup de dégâts aux plantes), mais qui en fait est un Bulime, un animal beaucoup plus sympathique puisqu'il est un bon bio-indicateur de l'état des forêts, qu'on rencontre dans les formations primaires encore peu dégradées.Il existe 6 espèces endémiques de Bulime en Nouvelle-Calédonie.
Près du sol, on retrouve aussi des Eria karicouyensis, qu'on a déjà fréquemment rencontré ailleurs. En attendant de voir enfin une fleur, on peut au moins voir un fruit sur la photo.
Plusieurs pieds de Dendrobium fractiflexum sont présents dans le secteur, en zone ombragée. C'est une plante endémique terrestre bambusiforme pouvant atteindre 3 à 4 mètres, avec des grappes pendantes de fleurs en clochettes.
En cherchant bien, sous la végétation, on déniche des Gonatostylis vieillardi, une endémique poussant en forêt humide dans l'humus. Les feuilles sont nombreuses, réparties comme une rose des vents et peuvent avoir différents tons de vert (comme sur les photos ci-dessous), de rouge violacé ou de brun.
Très discrètes, on découvre aussi des Acianthus cymbalariifolius, une petite terrestre qui peut porter 1 à 4 fleurs sur sa hampe, de couleur rose ou verte, à labelle pourpre.
En altitude, de nombreuses Earina deplanchei poussent sur les bas côtés, une endémique se développant en altitude dans le maquis minier ouvert et ensoleillé. C'est une herbe bambusiforme raide de 40 à 80 cm de hauteur, avec des feuilles coriaces. Les infloresccences érigées portent de nombreuses petites fleurs blanches, jaunes ou vertes (mais là elles sont fanées ou bien les hampes pas encore fleuries !).
Et pour finir un jeu dont on n'a pas la réponse : quelle est cette orchidée ?
En conclusion, une sortie vraiment productive avec une dizaine d'espèces d'orchidées rencontrées, dont plusieurs fleuries. La barre est mise haute pour les prochaines balades !