La fête de l'avocat à Maré
Du jeudi 9 mai au dimanche 12 mai 2013, c'est la fête de l'avocat à Maré, l'une des 3 îles Loyauté. Que l'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas de fêter des juristes en mal de plaidoyers, mais d'aller fêter le fruit de l'avocatier, un arbre originaire du Mexique. L'avocat est devenu aujourd'hui le fruit emblématique de Maré, la variété locale ayant été acclimatée en Nouvelle-Calédonie en 1863 (1 an donc avant l'acclimatation de la première variété de bagnard !). Aujourd'hui, il y a de multiples espèces, qui profitent du sol très calcaire et bien drainant de Maré.
Nous partons à 3, Océane restant à Nouméa et Alizée nous accompagnant. On peut considérer que l'une des 2 était punie... (mais laquelle?...). D'abord le départ en bateau :
Bon, c'est pas avec celui là... Le Phocea était bien à quai à Nouméa quand on est parti, mais c'était pour une réparation, venant de Vanuatu et allant vers la Thaïlande, entre 2 trafics peu avouables... Non, pour aller à Maré, le trajet s'est fait avec le Betico (prononcer Beticho), communément connu ici sous le nom de Vomico (prononcer Vomicho).
Ce jour là, il portait bien son surnom, car avec le vent de sud-est de face, les 2 dernières heures (sur 4) furent un peu désagréables. Mais la logistique étant bien faite, il n'y a pas eu rupture de stock de sacs vomitoires lors du trajet.
Arrivée à Maré à Tadine en fin de matinée. Par contre, ici il y a une rupture de stock d'essence car le bateau assurant le transport de carburant est en panne depuis quelques semaines.Sur ce point, c'est donc Maré(e) basse :
Heureusement, tout le monde s'est mis en 4 pendant le séjour pour faire oublier ce léger détail aux 300 visiteurs... Le séjour commence donc avec un transport en bus vers Necé pour l'accueil officiel. Ce n'était pas n'importe quelle fête de l'avocat, puisque c'était la 20ième édition.
La cérémonie d'accueil est placée sous le signe des chants et des danses locales.
Après la coutume d'accueil et un buffet bien garni, chacun regagne son logement pour les 3 nuits à venir. Nous avons de la chance car nous serons logés très près du lieu de la fête.
Le lendemain, vendredi matin, randonnée d'Asicen dans la forêt, près de Necé. C'est une randonnée facile, bien commentée par le guide, qui suit des petites falaises d'où tombent régulièrement les racines des banians.
De nombreuses grottes, habitées par des chauves-souris, parsèment ces falaises. Elles s'envolent (les chauves-souris, pas les falaises !) quand on les dérange avec nos lumières.
On trouve aussi beaucoup de nids d'abeille le long des mêmes falaises.
Au bout d'une heure et demie, on atteint un point de vue sur la forêt de Maré, qui est bien dense et recouvre la plus grande partie de l'île.
On fait toujours nos balades en forêt en regardant à droite et à gauche, au cas où quelques orchidées pousseraient par ci, par là. Coîncidence, on est tombé sur au moins autant passionné que nous sur le sujet, et la recherche est encore plus productive à plusieurs.
D'abord un Oberonia neocaledonica, un petit épiphyte déjà rencontré par ailleurs, mais dont on voit bien les minuscules fleurs rouges ici.
Puis des Oberonia ensiformis (a priori), avec une longue hampe florale couverte de minuscules fleurs.
Et un Taeniophyllum fasciola, un petit épiphyte sans feuilles. Les racines, plaquées sur le tronc, de couleur verte, assurent la fonction chlorophylienne normalement dévolue aux feuilles.
Et enfin un Bulbophyllum longifolium(ou longiflorum), avec ses robustes pseudobulbes à la base de feuilles longues et larges. Les inflorescences de cette orchidée sont parmi les plus spectaculaires, mais là, il n'est pas en fleurs...
A partir du moment où l'on a croisé ces orchidées, notre rythme a évidemment un peu ralenti et le groupe de randonnée s'est scindé avec ceux qui avançaient normalement, et qui au bout d'un moment ont continué sans nous. Le guide est resté avec nous, préférant risquer de perdre des randonneurs devant, plutôt que derrière. En nous attendant, il gravait les arbres avec le nom d'Alizée pour passer le temps...Donc si vous faites la balade d'Asicen, le coin à orchidées, c'est là où il y a des arbres gravés avec le nom d'Alizée...
Retour à Necé vers 13h, l'après-midi étant consacré aux divers spectacles.
D'abord une troupe de danses kanak avec l'ensemble de Hnawayac :
En début de soirée, défilé des robes missionnaires:
Musique avec le groupe Celenod en tête d'affiche, originaire de Necé, mais qui se produit un peu partout dans le monde.
Et tout au long des 3 jours, le groupe Fakakalo Kata a animé les journées avec les danses guerrières de Wallis.
Sur l'estrade (solide), les chants et les puissantes percussions accompagnées de guitare et de ukulélé :
Devant l'estrade, les danses océaniennes, impressionnantes, mélangeant force et finesse.
Dans la troupe des danseurs, Isabelle reconnait un garçon qui était au collège l'année dernière avec les filles. Elle me dit que c'est le jeune baraqué au second rang. Le jeune baraqué... ça m'aide, vu que le moins costaud fait quand même 3 fois le poids d'Alizée...
Cela fait 20 ans que Fakakalo Kata participe à la fête, c'est la preuve qu'ils sont vraiment excellents ! D'ailleurs avec 4 prestations en 3 jours (dont la spectaculaire danse du feu), ce sont les danseurs les plus sollicités de la fête.
De nuit aussi !
En mouvement grâce à la vidéo :
Samedi matin, Alizée se fait faire des tresses. Avec la longueur de ses cheveux, elle a épuisé 3 tresseuses pendant les 2 heures de tressage...
A la fin du tressage, Alizée cache sa joie...A sa décharge, ça tirait un peu sur les cheveux...
Mais au bout d'un moment, ça va mieux !
Parmi les animations, il y avait aussi les traditionnelles sculptures sur bois.
Samedi après-midi, initiation à la pêche aux poulpes. Mais ils avaient été visiblement avertis de notre arrivée, et on n'en a pas trouvé. En plus, c'était la marée montante, donc pas le meilleur moment pour aller les dénicher dans leur trou.
La marée montant, on a donc fini près du litorral, la progression sur le platier étant de plus en plus compliquée au fur et à mesure que le temps passait. La côte est assez caractéristique, avec son calcaire très découpé.
Revenons à la fête de l'avocat, où évidemment on trouve ...des avocats.
...Mais aussi des pamplemousses d'une taille respectable !
Et puis le dimanche matin vient l'heure des adieux, la cérémonie de clôture débutant par les coutumes avec des ignames:
De l'émotion lors du chant d'au revoir :
Un dernier moment avec nos hôtes, qui ont tout fait pour nous rendre le séjour agéable et qui ont réussi. L'organisation parle de ses "amis visiteurs" au lieu de "touristes", et c'est vrai que l'hospitalité ici n'est pas un vain mot.
Il faut bien finir par quiiter Maré, et c'est reparti pour 4 heures de bateau dans l'autre sens, mais avec le vent derrière, le trajet sera plus calme qu'à l'aller !