Un dimanche à la Plaine des Lacs
Dimanche 24 mars 2013, c'est le moment d'aller découvrir la Plaine des Lacs dans le Grand Sud, encore un haut lieu de l'endémisme. Plaine des Lacs parce qu'il y a plusieurs lacs, avec le Lac en 8 ou le Grand Lac, mais c'est aussi une zone très humide en raison d'un réseau très dense de rivières, rigoles et autres petits filets d'eau qui facilitent plus le développement de multiples espèces autochtones que celui des sentiers de randonnée. En l'absence de réel circuit, le plus simple est d'y aller un peu au hasard à partir des multiples pistes qui quadrillent la zone et qu'il vaut mieux pratiquer en 4x4 quand il pleut.
Le paysage entre la Plaine des Lacs et les Chutes de la Madeleine
Le biotope ressemble en général à cela :
Dès l'arrivée on trouve divers types de Dendrobium. D'abord des non fleuris.
Puis très vite, beaucoup de pieds qui sont fleuris. Pour commencer, le Dendrobium verruciferum, une endémique très fréquente dans le maquis minier du Sud.
La fleur possède ici un beau labelle vert, mais il peut aussi être jaune ou rouge dans d'autres cas et d'autres étapes de floraison.
On trouve ensuite des Dendrobium steatoglossum, une autre endémqiue essentiellement présente dans les maquis de l'extrême Sud de la Grande Terre
La fleur est jaune ou verte.
Ce dendrobium peut atteindre des hauteurs assez remarquables, avec son port bambusiforme dépassant parfois les 3 mètres comme sur la photo ci-dessous :
Précision pour les puristes : les Dendrobium verruciferum et steatoglossum sont maintenant appelés des Cannaeorchis verruciferum et steatoglossum (jusqu'à la prochaine modification...).
Au milieu des orchidées, on retrouve aussi classiquement et en grande quantité des Lichens du genre Cladonia.
Et bien sûr des Xanthostemon aurantiacus, qu'on trouve en abondance dans les zones humides et qui prolifèrent donc dans la Plaine des Lacs.
La fleur est très colorée avec ses pétales rouges et ses étamines jaunes. Sur la photo ci-dessous, on voit bien la différence entre les fleurs avec les étamines encore recourbées vers l'intérieur et celles avec les étamines qui se sont déjà dressées vers le haut.
C'est bien sûr un endroit parsemé aussi de Drosera neocaledonica, l'autre carnivore classique de la région avec les Népenthes :
Retour vers les orchidées et vers des épiphytes. Ils passent relativement inaperçus, mais quand on regarde de plus près certains troncs, on trouve une grande quantité de Dendrobium épiphytes.
Le plus souvent ce sont des Dendrobium ngoyense (qu'on trouve aussi désormais sous le nom d'Eleutheroglossum ngoyense), un épiphyte endémique très commun dans le maquis minier, souvent sur tronc d'arbres morts, mais qu'on trouve moins fréquemment en fleurs. On reconnait ses pseudobulbes courts avec deux ou trois feuilles.
Ici avec une inflorescence de 2 fleurs non encore ouvertes :
La fleur ouverte, avec son labelle pourpre profondément fendu en son milieu.
Et après la floraison, le fruit :
Il y a d'autres Dendrobium, mais il faudra revenir pour la floraison...
Et aussi ce qui ressemblerait à des Bulbophyllum ngoyense, mais sans aucune certitude.
On quitte la Plaine des Lacs proprement dite, et en revenant vers la route principale on passe par un petit îlot de forêt humide qui semble être propice pour les orchidées. Rapide stop pour vérfier et Bingo ! Sur quelques dizaines de mètres carrés, plein d'espèces différentes, malheureusement pas vraiment fleuries, mais on reviendra...
Des Dendrobium odontochilum, pour lesquels on rate de peu la floraison (juste avant) :
Et presque après :
Mélangé ci-dessous avec une autre espèce :
Le fruit vraisemblablement d'un Megastylis glandulosa, mais là aussi cela reste à confirmer.
Et toujours de nombreux Dendrobium épiphytes :
Une inflorescence de Malaxis taurina, cette petite endémique, déjà vue lors d'une précédente balade, qui pousse toujours dans des endroits bien ombragés, ce qui ne facilite pas les photos...
Et pour conclure en quittant le monde des Orchidées, une espèce, sinon rare (bien que peu commune quand même), toujours spectaculaire quand on la rencontre, l'Amyema scandens. C'est une plante parasite ligneuse (on voit bien sur la photo ci-dessous plusieurs tiges qui grimpent sur la branche de son hôte). La partie la plus photogénqiue est bien sûr la fleur, de couleur rose à rouge vif, et qui sont très fréquentées par les oiseaux méliphages.
L'inflorescence en gros plan quand les fleurs sont ouvertes :
Fin provisoire, car la zone est particulièrement intéressante et demande d'y revenir selon les saisons pour pouvoir profiter des différentes floraisons.