Voyage nippon, première partie : Tokyo
Départ de Nouméa le samedi 19 mai 2012, qui ne se fait pas dans la précipitation pour une fois. Alizée est déjà malade avant même d’embarquer, mais elle préfère garder le vomi pour l’avion en vol, c’est beaucoup plus drôle… Après avoir consommé tous les sacs vomitoires de la rangée, arrivée à Tokyo, où tout se passe comme sur des roulettes. Au contrôle des passeports, une personne court pour nous dire où ne pas faire la queue, mais de toute façon, il n’y a aucune queue ! Aux bagages, l’agent de sécurité récupère les bagages pour les passagers en faisant attention qu’ils ne se cognent pas entre eux. On croit rêver ! Au contrôle sanitaire, pas de queue non plus. Ah, si tous les pays savaient faire la même chose à l’entrée de leur territoire !
Direction ensuite Tokyo Hôtel. Pas le groupe allemand, non l’hôtel à Tokyo ! Gare de Ueno, taxi et le Ryokan Edoya. Comme on est 4, il y a peu de places mais cela fera l’affaire et c’est vraiment typique comme ambiance, avec les futons par terre, les kimonos et les portes coulissantes.
Dimanche 20 mai. Le petit déjeuner de l’hôtel est fortement japonisé, ce qui est assez logique. L’habitude de mettre partout la sauce au poisson fermenté est quand même un peu agressive au petit déjeuner pour nos estomacs d’occidentaux. Demain on se limitera à la partie plus européenne du déjeuner…
Départ à pied vers le quartier d’Asakusa, où a lieu le 3ième week end du mois de mai tous les ans, l’une des fêtes les plus populaires de Tokyo : c’est le Sanga Matsuri avec des processions un peu partout dans le quartier. Les mikoshi (oratoires portables ou sorte de châsses) sont promenés dans les rues d’Asakusa, soutenus par les habitants en tenue traditionnelle.
D’ailleurs on note que la tenue traditionnelle des hommes se porte parfois très court !
Certaines châsses pèsent des centaines de kilos, ce qui nécessite beaucoup de bras pour les tirer (…ou du moins les porter).
D'autres châsses sont adaptées aux enfants.
L'ambiance est festive et on nous offre même des glaces.
On en profite pour visiter le temple Senso-ji, l’un des temples les plus vénérés de Tokyo. Enormément de monde car les processions passent toutes par ce temple.
On sort par la Nakamise-dori, une longue allée bordée de boutiques de souvenirs et d’artisanat, où l’on peut à peine marcher tellement il y a foule. On profite de la fête pour se restaurer sur place.
Finalement on atteint un métro où devant notre hésitation une volontaire nous indique toute la marche à suivre pour acheter un ticket. On se dit une nouvelle fois que les Japonais sont formidablement organisés avec les touristes.
Métro jusqu’à Omotesando, une sorte de Champs-Elysées local, avec plein de boutiques de luxe, mais aussi des rues adjacentes plus amusantes. C’est le cas de Takeshita-dori, la Carnaby Street des ados japonais, surtout des ados japonaises d’ailleurs. Des looks qui prêtent plus à sourire parfois qu’à inscrire au panthéon de la mode, mais on n’a définitivement pas les mêmes goûts, pas plus pour la mode que pour le petit déjeuner. Le plus amusant reste le défilé de « cosplays » (costumed players) qu’on croise de ci de là, dans le quartier d’Harajuku. Comme ce n’est pas un zoo non plus, on prend difficilement des photos de ces cosplays…
Vers 18h, tout le monde est crevé, on rentre à l’hôtel et on va manger à un petit resto chinois à côté. Petite surprise quand on voit arriver les bols de soupe commandés d’après les photos : il n’y avait pas l’échelle, et le bol de la photo est l’équivalent de la soupière en réalité…
Alors on est venu au Pays du Soleil Levant et pas de bol, il y a une éclipse (annulaire) ce matin du lundi 21 mai, donc pas de soleil. L’arnaque !!! Lever très tôt à 6h pour aller voir cette éclipse. Motivés, motivés ! D’autant qu’on n’a pas de lunettes et qu’on nous dit qu’il est impossible d’en trouver maintenant car tout a été vendu. Qu’importe, on part dans la rue, en se dirigeant vers le parc le plus proche. Et là, coup de chance, on tombe sur un petit groupe de scientifiques polonais qui assistaient à une conférence d’astronomie et qui vont observer l’éclipse dans le parc, en étant bien équipés, aussi bien en lunettes qu’en jumelles spéciales. On va pouvoir observer ainsi l’éclipse annulaire dans les meilleures conditions !
Pas facile de prendre en photo une éclipse annulaire, mais ça ressemble à ça en gros (juste avant d'être annulaire) :
Retour à l’hôtel pour déjeuner et ensuite direction le marché d’Ameya Yokocho près de la gare de Ueno, un très grand marché-rue, pittoresque et coloré, sous les voies du chemin de fer, mais pas spécialement bon marché.
On visite juste après une partie du parc de Ueno, en allant au temple Toshogu. Malheureusement, il est en grande partie fermé pour restauration, mais on peut voir d’énormes lanternes servant à entretenir le feu. Un monument commémoratif également, où est entretenue une flamme issue d’Hiroshima après le bombardement.
On file ensuite vers les quartiers de Marunouchi et Nihombashi. Premier arrêt au magasin Mitsukoshi, une sorte de Harrods japonais. Effectivement le sous-sol contient un rayon d’alimentation assez incroyable (japonais et européen) et évidemment on achète à manger… On va déguster nos pâtisseries devant le pont Nihombashi, un pont en pierre construit en 1911, mais qui aujourd’hui est couvert perpendiculairement par une autoroute à 4 voies qui passe sur la rivière…
En continuant notre parcours vers le sud, on arrive dans le quartier de Ginza, le quartier du luxe et des grands magasins. On parvient au parc Hama Rikyu à 16h20. Pas de bol, le bateau pour Asakusa est parti à 16h15… Pas grave, on reviendra, on prend un taxi pour aller à la Tokyo Tower toute proche, et accessoirement, la plus haute tour encore de Tokyo.
C’est une sorte de Tour Eiffel, peinte en rouge et blanc (c’est d’un goût…), avec des pieds anorexiques. Ils ne font pas de réduction alors que le lendemain, c’est l’inauguration de la Sky Tree Tower et la Tokyo Tower deviendra donc désormais la deuxième tour la plus haute de Tokyo. On monte à l’observatoire le plus haut, à 250 mètres, où l’on peut voir l’étendue de toute la ville de Tokyo. L’effet est impressionnant, surtout quand on attend le coucher du soleil pour voir les lumières s’allumer sur toute la ville. Le seul problème est qu’il n’y a pas de sièges et que c’est un peu long pour attendre debout le coucher du soleil…
On finit par descendre et comme Philippe ne veut pas se faire lyncher, on mange sur place avant de rentrer enfin à l’hôtel. Il est déjà près de 22h et tout le monde est bien fatigué (euphémisme)….
Départ tardif et tranquille ce matin du mardi 22 mai, vers le parc d’Ueno. Il fait un vrai temps de journée à passer au musée et ça tombe bien, puisque c’est ce qui était prévu ! On commence par le musée de Shitamachi, un petit musée dans un coin du parc d’Ueno, qui regorge de richesses sur la vie locale passée dans le quartier. Les reconstitutions d’intérieurs de maisons et de boutiques sont très bien faites et on bénéficie en plus des services d’un guide volontaire, qui prend visiblement plaisir à nous expliquer les traditions locales. Encore un exemple de la parfaite organisation japonaise pour les touristes curieux. On comprend comment fonctionnent les tirages au sort de la bonne fortune qu’on a vu 2 jours avant au temple de Senso-ji. Au premier étage du musée, pas mal de photos sur la vie locale à l’époque et quelques casses têtes japonais (et pas chinois !) que Philippe résout les doigts dans le nez (enfin, pas tous…).
En sortant, il pleut comme sumotori qui pisse, et la vessie d’un sumotori est proportionnelle à son poids… Bref il pleut beaucoup et sans arrêt, ce qui fait regretter une bonne averse tropicale, car après l’averse, au moins on est tranquille, alors qu’ici on va arriver trempé malgré les Kway. On s’arrête au premier fast food sur la route, qu’on ne citera pas pour ne pas lui faire de la pub (même si Philippe aime bien les Big Mac). Et puis ce n’est pas sérieux, avec tous les restos à Tokyo, de choisir ce fast food, mais c’était vraiment par facilité.
En sortant, on prend donc une douche jusqu’au musée national de Tokyo, que l’on va visiter pour ses chefs d’œuvre de l’art japonais. C’est un bon aperçu des plus belles productions dans divers domaines : sculptures, calligraphie, estampes, costumes, céramiques, armures, etc.
Après le musée, on cherche dans le parc, via un raccourci, le jardin des pivoines, que finalement jamais on ne trouva. Et on n’a pas vu non plus d’envahisseurs (ils doivent pas aimer l’eau).
Avant de rentrer à l’hôtel, petit passage au magasin Matsuzakaya et à son rayon alimentation du sous-sol. Finalement ce sera soirée japonaise à l’hôtel, en kimonos, avec sushis et brochettes.
Sympa, dommage qu’on casse le flash de l’appareil de Philippe en essayant de faire une photo avec un pied bancal. Forcément, Philippe sourit moins ensuite sur la photo...
La journée du mercredi 23 mai commence par une amusante blague pour Alizée, en remplaçant le fond d’une bouteille de coca par de la sauce au soja, qui est d’une couleur identique. Evidemment, en finissant la bouteille, Alizée s’est rendue compte, mais un peu trop tard, que quelque chose n’allait pas… Rire général, sauf Alizée bien entendu.
Après le petit déjeuner, on part ce matin à pied vers le jardin Koishikawa Korakuen. Juste avant d’arriver on croise les plus grandes montagnes russes qu’on n’ait jamais vues ! C’est extraordinaire, elles passent au-dessus de certains immeubles ! (Mal)heureusement, on ne peut pas faire cette attraction, elle ne doit pas fonctionner le matin, et puis de toute façon, Isabelle ne voulait pas.
Le jardin Koishikawa Korukuen est un magnifique petit jardin, où l’on va passer plus de deux heures quand même à admirer les ponts traditionnels, les étangs et les arbres.
Dommage qu’on passe juste après la floraison des cerisiers (ci-dessous un cerisier pas en fleurs) et des rhododendrons, et juste avant celle des iris. Heureusement que les nénuphars sont de meilleure composition (florale) et offrent quelques fleurs aux touristes comme nous.
En partant du parc, on descend toujours à pied vers le quartier de Jimbocho et ses libraires. Bon, c’est difficile de bien apprécier les livres locaux quand on ne parle pas le japonais.
On continue vers l’ouest vers le quartier du Palais Impérial. On commence par le Yakakuni Shrine, un temple shintoïste dédié à tous les soldats japonais morts pour la patrie depuis la restauration Meiji. Rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’il inclut quelques criminels de guerre dans les personnes honorées, mais si le guide ne l’avait pas écrit, on ne l’aurait pas remarqué. Du temple, on gagne ensuite le Kitanomaru Park, un jardin sans intérêt particulier, si ce n’est les bancs pour reposer les jambes épuisées des filles. On arrive juste à la fermeture du Jardin de l’Est (devant le Palais Impérial), il faudra revenir !
On croise de nombreux écoliers et écolières dans les rues, et le moins que l'on puisse dire est que le japonais possède un certain sens de l'uniformité.
On finit l’après-midi par le quartier d’Akihabara, la ville électrique, dans un magasin de 8 étages consacrés uniquement à l’électronique sous toutes ses formes. Des rayons entiers d’accessoires de toutes sortes. Pas vraiment meilleur marché qu’en France, mais le choix est phénoménal. Océane peut ainsi choisir tous les accessoires qui lui plaisent pour son Ipod (celui qu’elle n’a pas encore, mais dont elle va nous bassiner pendant tout le reste du voyage).
On revient à l’hôtel à pied, en s’arrêtant manger dans notre restaurant chinois du premier soir qu’on avait bien apprécié.
Ce matin du jeudi 24 mai, on va battre des records puisqu’on se lève à 4h40 pour prendre le premier métro pour aller au marché de Tsukiji, réputé pour être le marché aux poissons le plus grand du monde, avec ses 3000 tonnes de poissons et ses 50000 mareyeurs et clients. On n’aura pas le premier métro, mais le deuxième, ce qui est honorable, et avant 6h on est présent sur zone. C’est déjà trop tard pour assister à la vente aux enchères des thons rouges (on a rencontré une américaine –aucun lien avec les thons- qui était arrivée à 5h30 et qui déjà n’avait plus de place, car seuls les 60 premiers sont acceptés). Par contre, on peut visiter le marché des revendeurs, qui sont justement en train de découper les thons pour les revendre en morceaux de taille plus raisonnable.
La taille du marché est effectivement gigantesque… C’est un ballet incessant de Fenwicks qui se croisent à vive allure dans des allées très étroites. Chaud devant ! D’ailleurs, au bout d’un quart d’heure, on se fait gentiment (à la japonaise !) reconduire vers la sortie car le public n’est autorisé dans cette partie du marché qu’à partir de 9h.
Retour à l’hôtel pour récupérer les filles (qui elles ne s'étaient pas levées à 4h30 du mat) et aller au petit déjeuner.
Départ vers Shibuya et son célèbre carrefour (le croisement, par le supermarché !), l’un des plus fréquentés au monde (les japonais sont comme les américains, ils aiment bien les superlatifs…). C’est vrai que le ballet des piétons dès que le feu passe au rouge pour tous les véhicules est impressionnant.
Au même carrefour on trouve la statue du chien Hachiko, dont la légende veut qu’il est venu attendre son maître décédé, tous les jours pendant dix ans après la mort de celui-ci (en fait jusqu’à la sienne), les mauvaises langues disant qu’il venait parce qu’on lui donnait à manger. Toujours est-il qu’il a une statue qui sert de point de rendez vous à plein de monde visiblement ! C’est l’un des quartiers de la jeunesse de Tokyo, royaume de la mode, de la musique et des gadgets.
On remonte ensuite vers le parc de Yoyogi où l’on arrive après manger. On continue dans l’autre partie du parc, vers le Meiji Shrine, temple dédié à l’empereur Meiji, dont on commémore le centennaire de la mort en 2012. C’est l’arrière grand-père de l’empereur actuel Akihito, et surtout celui qui a restauré l’empire, tout en faisant rentrer le Japon dans l’ère moderne. Les expositions autour de son temple sont intéressantes, mais il faudra relire un peu l’histoire avec un œil plus objectif, pour vérifier si ce n’est pas un peu trop hagiographique…
Comme d'habitude dans les temples japonais, un endroit est réservé pour placer ses voeux, sur des plaquettes en bois :
Et un autre endroit pour se purifier avant les prières :
Après le parc, les filles rentrent à l’hôtel, en trouvant le moyen de partir à l’opposé dudit hôtel en sortant du métro (si, si, c’est possible…) pendant que Philippe est parti faire des photos de nuit des néons de Shibuya, puis ceux de Roppongi et de Shinjuku, deux quartiers très animés et éclairés par des milliers d’enseignes lumineuses. Retour à l’hôtel vers 20h40, juste avant de ne plus pouvoir marcher…
Un dernier saut à un restaurant et la journée est enfin terminée !
Vendredi 25 mai, lever tardif (8h) juste pour le petit déjeuner. Le temps est pluvieux et on décide d’acheter des parapluies avant d’être trempés ce coup-ci.
Métro jusqu’au jardin Hama Rikyu au sud de Tokyo. Encore une fois, remarquable organisation japonaise, puisqu’ils offrent une balade avec un audio guide très complet.
Dommage que le temps soit si couvert et qu’il y ait des travaux dans la maison de cérémonie du thé. De là on attrape le bateau-bus qui remonte la rivière Sumida et on s’arrête à Ryogoku. C’est le quartier des sumotoris et d’ailleurs on en voit faire du vélo. A Tokyo en vélo, on dépasse les sumos…
Le stade du sumo, le Kokugikan, extérieurement, est assez typique de l’architecture locale et on regrette encore de ne pas avoir pu assister à un tournoi ce coup-ci, étant arrivés le dernier jour du tournoi de mai. On poursuit vers le musée Edo-Tokyo, un bâtiment à l’architecture étrange du dehors, mais parfaitement adapté à l’intérieur. C’est un musée consacré à l’histoire de Tokyo (auparavant Edo, d’où son nom), avec une présentation remarquable, bénéficiant de nombreuses maquettes et reproductions, et utilisant les dernières ressources de la muséeologie. Bref, un musée passionnant dans lequel on aurait bien passé plus longtemps.
A la sortie on récupère nos parapluies à la consigne automatique spéciale pour parapluies (oui, ça existe et c’est très fonctionnel !) et petite marche de Ryogoku jusqu’à Asakusa. Ca râle dur, mais ça avance… Le temple Senso-ji est beaucoup moins peuplé que dimanche dernier et avec la nuit tombée, c’est l’occasion de prendre de belles photos, d’autant qu’en arrière plan, la nouvelle Sky Tree Tower est éclairée.
Par contre les boutiques de la Nakamise-dori sont quasiment fermées, et il faudra revenir le lendemain pour les achats qu’avaient prévus les filles. Retour à l’hôtel en métro. Résumé de la journée : Métro, Edo Tokyo, dodo.
Samedi 26 mai. Retour à Asakusa à la Nakamise-dori, où à 10h les marchands du temple ouvrent leurs boutiques.
On fait le plein de portes bonheur japonais et de poupées, on se permet même l’achat de kimonos d’intérieur et il faut rentrer rapidement à l’hôtel pour le check out de 12h. En passant on croise une châsse tirée par de jeunes enfants, sûrement une fête d’une école.
Taxi jusqu’à la gare centrale de Tokyo où l’on prend un Shinkansen pour Kyoto. C’est quand même un train de légende, aussi connu que le TGV, voire plus. On prend le plus rapide et 2h20 plus tard, on est à la gare de Kyoto, puis rapidement à l’hôtel car celui-ci est à 200 mètres de la sortie de la gare. Le contrôleur des billets dans le train mérite le détour : courbettes avant le contrôle, après, remerciements : vraiment un autre monde !