Au bord du cratère à Tanna
Avec un jour de retard, nous voilà donc à Tanna le 14 août en fin d’après-midi, où l’on a réservé un bungalow au Tanna Evergreen Resort. Un tour sur la plage, ou plutôt le platier devant l’hôtel, puis repas, très bon, sur place. De toutes les façons, c’est assez isolé. L'île n'est pas bien grande, mais l'hôtel est sur la côte nord ouest et le volcan Yasur se trouve au sud est.
L'hôtel est plaisant et les aménagements en cours le rendront encore plus agréable.
Eau chaude et électricité dans le bungalow, accès Internet à l'entrée : tout va bien !
Le restaurant est très bon, ce qui est bien pratique, car il serait difficile d'aller manger ailleurs.
Le vendredi matin, on a pris un un taxi pour aller au marché de Lenakel, la "capitale" de Tanna. La radio du taxi est originale : un iphone pour garder les morceaux en mémoire et un énorme haut-parleur pour mieux se faire entendre. Ca prend un peu de place, mais c'est efficace !
Le marché est bien animé, avec beaucoup de monde si l’on relativise avec la dispersion de la population et l’état des routes. Il est évidemment plus petit que celui de Port-Vila, mais il est plus varié que celui de Nouméa. On est assez admiratif de la manière de vendre les mandarines en longues grappes tressées.
On y trouve aussi beaucoup de taros, aussi bien rangés que les mandarines.
Sans oublier les racines de kava pour la boisson traditionnelle du Vanuatu.
Petite balade le long de la plage bordant Lenakel et dans la rue le long du marché. Beaucoup d'habitations sont perchées dans les arbres à Tanna.
D'autres sont plus classiques, au bord de l'eau.
La station service est aussi très originale, dans son container…
Mais quand l'on vient à Tanna, on vient d'abord pour voir le volcan Yasur. C'est donc notre but de la journée du 15 août, même si on passe la matinée avec un petit tour sur la plage et un peu de PMT car la marée est haute, ce qui permet d’éviter l’inconvénient de marcher sur le platier. Il y a un beau tombant d’une vingtaine de mètres quand on palme un peu. Coraux et poissons classiques des récifs tropicaux. Repas de midi au retour et il faut ensuite se préparer pour l’excursion de la journée tant attendue au volcan Yasur.
Départ à 15h, passage par Lenakel, et après 1h30 de route (plus précisément de piste), arrivée au pied du volcan, sur une grande étendue de sable noir.
Le Yasur est un cône de 365 m d’altitude et d’environ 1,5 km de diamètre à la base. Le Yasur a été observé par le Capitaine Cook en 1774, et son activité a été constante depuis cette date, même si l’intensité a pu varier. Cette activité a été particulièrement forte en 1974, 1975 et 1977, et elle est de nouveau importante depuis le début de 1994. Aujourd’hui c’est alerte de niveau 2 sur une échelle de 4, donc il faut faire un peu attention quand même.
Première séance photo alors que le soleil va bientôt se coucher. Le bruit des explosions régulières est déjà impressionnant. On continue en voiture jusqu’au parking final à 150 mètres environ du sommet !
On peut envoyer ses dernières cartes postales avant d'attaquer la montée vers le sommet.
Le bruit et le tremblement du sol sont de plus en plus marquants. Après avoir gravi les 150 derniers mètres, on atteint le rebord du cratère d’où jaillissent très régulièrement, dans un bruit de tonnerre, à quelques centaines de mètres de haut, des roches en incandescence.
Il faut encore gravir quelques dizaines de mètres pour se sentir un peu plus à l’abri même si le chemin près du cratère semble plus étroit.
Avec le soleil qui se couche, puis carrément de nuit ensuite, les photos sont assez extraordinaires, c’est a priori le seul site au monde où l’on peut voir de si près un volcan en éruption. On y est, le spectacle commence, ou continue, ça dure donc depuis plus de 200 ans (au moins).
Garanti sans trucages !
En images (et n'oubliez pas le son !) :
Quand la nuit est tombée, entre les grondements et les explosions régulières, on se demande si on est tombé dans les forges de Vulcain (ou de Sauron au Mordor pour les plus modernes).
Il y a 3 cratères en fait, qu'on voit mieux la nuit. Et boum, là ça explose...
C'est beau, mais revers de la médaille, la sécurité est assez limitée.
D’ailleurs, tout d'un coup, c'est un TRES GROS BOUM, avec une explosion nettement plus forte que les précédentes, qui envoie des projections au-dessus des têtes de ceux qui sont restés sur le premier point de vue. Sur la photo, on voit bien que les projections partent loin sur la droite ce coup-ci... en direction des filles restées quelques dizaines de mètres plus bas.
Et en vidéo (là aussi c'est mieux avec le son !), on comprend mieux pourquoi c'est parti hors du cratère... Vidéo prise justement depuis l'endroit où étaient restées les filles (ce qui n'était pas une bonne idée...). Comme il est dit dans la vidéo "Alors là, ça craint !!!"
Cela marque ainsi la fin un peu précipitée de la visite… Il faudrait penser à passer l’alerte au niveau 3 quand les bombes volcaniques passent au-dessus de nos têtes avant de retomber lourdement au sol encore incandescentes…Retour à l’hôtel à 20h où l'on se remet de nos émotions à table.
Le 16 août après-midi, départ vers Santo via Port-Vila. Avec Air Vanuatu et un volcan évidemment sur l'empennage !