Voyage nippon, deuxième partie : Kyoto et Nara
Arrivée l’après-midi du 26 mai à Kyoto sans protocole…
La gare de Kyoto est un exemple d'architecture moderne réussi, avec un hall d'une hauteur immense, où se croisent les Shinkansen au premier étage et les autres trains au rez de chaussée.
A peine le temps de poser les bagages qu’on repart vers le temple le plus proche, le Higashi Hongan-ji, dédié à une branche réformée (intégriste dit Isabelle…) du bouddhisme, appelée Jodo-Shinshu. Le temple est partiellement en réparation, mais on voit bien le Goie-do (salle du fondateur), immense, l’une des constructions en bois les plus grandes de la planète. Impressionnant !
On retourne ensuite à la gare et la Poste (une série de timbres sur les fleurs est parue la veille). A l’office du tourisme à la gare, on note une exposition sur des estampes japonaises et évidemment on ne peut pas rater ça, donc on prend tous les renseignements pour y aller le lendemain.
Devant la gare, se trouve la Kyoto Tower, dont le reflet sur les murs vitrés de la gare est photogénique.
Repas dans un restaurant japonais, où l’on goûte l’anguille, un poisson au goût assez raffiné, pas assez cependant pour les filles car évidemment elles n’aiment pas.
Le soir à l’hôtel, première utilisation privée des toilettes japonaises et on s’endort en se demandant pourquoi on ne trouve pas ce genre de karcher à fesses en France…
Ce dimanche 27 mai, on laisse donc les enfants dormir et on part tôt prendre le train pour Yamasaki, pour aller voir l’exposition d’estampes japonaises sur les orchidées. Comme on devient des pros des transports en commun japonais, on est sur place à 9h, ce qui nous laisse une heure pour déchiffrer l’affiche à l’entrée qui dit que le musée ouvre à 10 heures… En attendant, on monte 100 mètres de plus sur la route jusqu’au prochain temple, le temple Hosyakuji.
Celui-ci est niché dans la végétation de la colline et il contient toutes les parties classiques des temples shintoïstes, plus un cimetière juste à côté. Bizarrement les emplacements sont carrés, ce qui nous interroge sur la manière dont ils enterrent les morts. Après ces réflexions, retour à la Villa Museum Oyamazaki qui enfin ouvre ses portes sur une exceptionnelle exposition (et les fermera bientôt puisque c’est le dernier jour de cette expo temporaire). Il s’agit de l’histoire du Rankafu, une série d’estampes sur les orchidées. Au moins une centaine de ces estampes sont exposées, toutes plus précises les unes que les autres. C’est un travail de minutie incroyable pour graver les tampons en bois et pour appliquer l’encre avec chaque tampon ensuite.
En prime, on peut visiter la Villa, remarquable exemple de construction en bois, édifiée pour un riche industriel amateur d’art, qui contient notamment 2 Nymphéas de Monet.
On revient ensuite à Kyoto pour récupérer les filles, manger rapidement et direction le Château Nijo en bus, le moyen le plus pratique pour circuler à Kyoto. C’est l’ancienne résidence du premier shogun, construite en 1603, et dans laquelle les shoguns résidèrent pendant 15 générations jusqu’à la restauration de l’Empire en 1867.
Le premier portail est en réparation (décidément, ce n’est pas « portes ouvertes » au Japon !), mais la visite est surtout intéressante pour l’intérieur du palais Ninomaru avec ses 33 pièces organisées selon l’architecture japonaise et décorées de peintures formant de grandes parois dorées. Détail amusant : les planchers rossignols, qui sont montés pour faire du bruit (qui rappelle effectivement le rossignol…) dès qu’on marche dessus et prévenir ainsi du passage de tout intrus (mais bon, en photo, ça rend pas trop le chant du rossignol). Les jardins autour du palais méritent aussi le détour, notamment par leurs beaux bassins et arbustes taillés au millimètre près.
En sortant du Château Nijo, petite halte au Handicraft Center de Kyoto qui regorge d’objets artisanaux d’excellente qualité et où l’on se promet de revenir avant de partir, pour effectuer les derniers achats. On passe ensuite au Heian Shrine, un spectaculaire temple, envahi par des hordes de groupes chinois (on reconnaît facilement le chinois du japonais, l’un est fin, l’autre pas…).
Retour à la gare, achats de timbres à la Poste encore ouverte (à 20h le dimanche soir !), repas dans nos restaurants près de la gare, et hôtel.
Lever matinal le lundi 28 mai, pour aller voir notre premier temple de la journée classé au Patrimoine mondial de l’humanité, le temple Toji, tout proche de l’hôtel, pendant que les enfants dorment. Ce temple de la branche (secte selon la terminologie d’Isabelle) bouddhique Shingon, est connu pour sa pagode haute de 55 mètres, la plus haute structure en bois du Japon. Mais il contient aussi un beau jardin, avec des iris fleuris, et deux temples à l’intérieur desquels ont peut voir de nombreuses statues de bouddhas.
On récupère les filles à l’hôtel ensuite, en apportant en outre des pains aux raisins. Il y a en effet beaucoup de boutiques à Kyoto proposant des viennoiseries françaises.
Départ en bus pour le nord ouest de la ville, avec pour commencer, peut-être le temple le plus connu de tous, le célèbre Kinkaku-ji.
Ah oui, dit comme ça, il n’est pas très connu, mais si on l’appelle le Pavillon d’Or, cela évoque déjà plus de choses, sans nécessairement avoir eu besoin de lire Mishima. Alors si en plus on a lu Mishima, même contraint et forcé comme Philippe, alors là, le Pavillon d’Or, c’est l’un des must du voyage au Japon. D’ailleurs, vu le monde dans le temple, on peut penser que même les Japonais voient les choses ainsi…
Après une rapide sustentation glacée, temple suivant : le temple Ryoan-ji, célèbre pour son jardin zen. Une étendue de graviers de 25 mètres sur 10 mètres avec 15 rochers.
Un petit effort d’imagination est nécessaire pour bien saisir toute la profondeur de la signification du jardin zen et passer des simples graviers avec 15 cailloux à une composition subtile de sable blanc dans laquelle flotte les îles et continents (les pierres), expression suprême du bouddhisme zen. La contemplation silencieuse n’est cependant pas très aisée en raison de la fréquentation du lieu.
En sortant, on n’a que peu de chemin à faire pour aller au 4ième temple classé de la journée, le temple Ninna-ji, un immense ensemble de 60 bâtiments, dont un palais qui servait de résidence à un prince impérial et une pagode de 4 étages.
Retour à l’hôtel pour se changer et partir à Gion Corner voir un spectacle sur les arts traditionnels japonais : la cérémonie du thé (le chado), la harpe japonaise (le koto), l’art floral (l’ikebana), le théâtre de marionnettes (le bunraku), la musique et danse de cour (le gagaku), un spectacle comique traditionnel (le kyogen) et la danse féminine de Kyoto (le kyumai).
C’est une bonne introduction pour les touristes comme nous. Pendant une heure, c’est très bien, car au-delà, la musique et les paroles prennent un peu la tête…
Après avoir hésité à manger à Gion, retour à nos restaurants habituels à la gare et hôtel.
La journée commence tard ce matin du mardi 29 mai, nous partons vers le Pavillon d’Argent juste avant 11h et en arrivant sur place il est presque midi. Il faut en plus attendre sous un arbre qu’un orage soit passé (car on a brillamment laissé nos parapluies à l’hôtel et on doit donc en acheter un autre à la boutique la plus proche de l’arbre…), pour atteindre l’entrée du temple Ginkaku-ji, le vrai nom du Pavillon d’Argent.
D’ailleurs, ce nom est très virtuel puisque le pavillon ne fut jamais recouvert de feuilles d’argent comme prévu initialement, les moyens nécessaires ayant été employés pour une guerre. C’est aujourd’hui un temple zen, avec son jardin sec original (même si sec n’est pas le bon terme aujourd’hui…), qui comporte un dôme de gravier évoquant la forme d’un volcan. Des allées parcourent le flanc de la colline boisée, entretenues avec une méticulosité toute japonaise, avec évidemment les habituels bassins et autels.
A la sortie du temple, on part sur le chemin des philosophes, une promenade de 2 km qui suit un petit canal bordé d’arbres, et croisant régulièrement quelques petits temples. Ce doit être magnifique au printemps quand les cerisiers sont en fleurs. Aujourd’hui, c’est moins rigolo, car il se remet à pleuvoir fortement quand on est au milieu du chemin et comme cela ne cesse pas, on doit s’arrêter sous notre pauvre parapluie. Au bout d’un moment, un jeune japonais propose de nous accompagner avec son parapluie à l’arrêt de bus le plus proche à 5 mn. La légendaire gentillesse des japonais n’est donc pas une légende ! Dès qu’on est dans le bus, il s’arrête de pleuvoir et on en profite pour faire un stop au temple suivant, le temple Nanzen-ji, qui dispose d’un énorme portail d’entrée à 2 étages, en plus d’une ribambelle de bâtiments et même d’un aqueduc encore fonctionnel, mais de période plus récente (et moins haut qu'à Castries !).
La pluie n’est pas bien loin et ce coup-ci on retourne à l’hôtel avant d’aller manger au même restaurant que la veille près de la gare car c’était excellent.
Mercredi 30 mai, c’est la journée où l’on va à Nara et il faut donc se lever très tôt pour aller prendre le train pour effectuer ces 40 km entre Kyoto et Nara. Départ de Kyoto à 8h39, arrivée à Nara ¾ d’heure plus tard. Un bureau de l’office du tourisme fournit tous les renseignements nécessaires directement à la gare.
On part donc tranquillement vers le parc de Nara et dès le premier croisement on tombe sur nos premiers cerfs de la journée. Comme l’organisation japonaise est toujours au top, il y a bien sûr un vendeur ambulant tout proche pour acheter des friandises pour ces cerfs et biches.
Au Japon en effet, c’est nous qui donnons à manger aux cerfs et aux biches, alors qu’en Nouvelle-Calédonie, c’est l’inverse avec les saucissons de cerf… Quand on a des gâteaux dans les mains, ces animaux sont assez vindicatifs et les filles ont un peu de mal à ne pas écouler tout le stock en quelques secondes…
Après avoir épuisé les gâteaux, on poursuit notre chemin en allant au temple Kofuku-ji, l’un des principaux temples de Nara, avec une pagode de 5 étages, comme celle du temple Toji à Kyoto.
On voit très bien cette pagode du temple Kofuku-ji, depuis le toit de la Préfecture, toute proche, où l'on monte ensuite pour avoir une vue sur tout Nara.
En descendant, direction le temple Todai-ji, l’un des temples les plus imposants du Japon. Mais il faut pousser les cerfs pour rentrer...
Le pavillon principal est considéré comme le bâtiment en bois le plus grand du monde (57 mètres de long sur 48,5 mètres de haut), contenant la statue de bronze aussi la plus grande du monde (16 mètres de haut). Décidément, tout est hors de dimension ici…
Et ça, c'est le petit Bouddha, le plus grand est à côté !
En sortant, visite du temple Nigatsu-do puis du sanctuaire de Kasuga Taisha, avec ses centaines de lanternes en bronze ou dorées.
Puis le musée du sanctuaire qui présente une expo temporaire sur les armures de samouraïs. Avec 3 armures présentées, le tour est vite fait par Philippe, pendant que les filles visitent le Jardin botanique adjacent.
Une petite expo de tonneaux de saké au passage :
Dernières photos avec les stars locales, avant de retrouver leurs cousines (en brochettes) en Nouvelle-Calédonie.
On conclut en parcourant les rues du quartier de Naramachi, des petites ruelles étroites et typiques.
Avant de rentrer sur Kyoto, on mange au restaurant Kameya, spécialisé dans la cuisine okonomiyaki. C’est une sorte de crèpe très épaisse, sur laquelle on ajoute plein d’ingrédients et qu’on fait cuire devant soi sur la plaque chauffante au milieu de la table. C’est délicieux, les parents adorent, les enfants, évidemment, n’aiment pas.
Retour en train de Nara à Kyoto, sans problèmes.
Lever très tardif ce jeudi matin 31 mai, on commence à fatiguer…
Pendant que les filles dorment, Philippe traverse la ville pour aller réserver les places de l’après-midi pour visiter le Palais Impérial de Kyoto. A son retour il faut déjà partir pour y être avant 14h.
C’est une visite un peu frustrante car on ne voit que l’extérieur des bâtiments et les jardins, dans lesquels s’affairent d’ailleurs de nombreux jardiniers, pour faire la taille si particulière des conifères japonais.
A la sortie, c’est l’après-midi shopping pour les filles (elles sont plus douées pour le shopping que pour l'imitation d'une affiche de film) dans le quartier de Gion pour commencer puis dans le quartier central, dans la galerie Teramachi. Même dans la galerie, il y a régulièrement des sanctuaires tous les 100 mètres.
On finit encore à notre restaurant habituel près de la gare, notre cantine préférée.
Vendredi 1er juin, premier temple pour Philippe avant le lever des filles, à 10 mn à pied de l’hôtel, le Nishi Hongan-ji, puis retour à l'hôtel. Après un passage à la Poste, où l’on constate qu’il y a pas mal de passionnés de philatélie, qui se font tamponner leurs timbres, on part tous ensemble vers le Temple Kiyomazu-doran, mais avant d’y arriver, il y a une longue rue avec les marchands du temple. C’est aussi le quartier de la poterie de Kyoto, avec de nombreuses boutiques. Et donc, achats de poterie, évidemment !
Il y a vraiment beaucoup de monde dans la rue et dans le temple, qui est l’un des 3 plus visités de Kyoto. Beaucoup de groupes scolaires, mais aussi beaucoup de japonaises habillées traditionnellement.
C’est un temple très particulier puisque son bâtiment central est bâti sur d’énormes pilotis.
Après le temple on remonte la rue commerçante et animée, vers Gion, mais on n’aura pas le temps de faire le temple Chion comme prévu initialement, car on a des derniers achats à faire au Kyoto Handicraft Center qui ferme à 18h.
Restaurant habituel à la gare, encore ! Et on assiste au spectacle de l’Aqua Theater, des jets d’eau colorés spectaculaires sur fond de musique, toutes les heures en début de soirée pendant une quinzaine de minutes.
Pour le dernier jour au Japon, le samedi 2 juin, on va se partager en 2 groupes ce matin sur les activités. Après avoir déposé les bagages à la réception pour respecter l’heure du check out, Philippe file de son côté au Musée de la locomotive à vapeur, qui contient une rotonde avec une trentaine de locos à vapeur de la première moitié du XXième siècle, et les filles vont avec Isabelle au nouvel aquarium de Kyoto qui a ouvert il y a à peine 2 mois.
Plus précisément, Philippe, qui ne souhaite pas de pertes le dernier jour, accompagne les filles devant l’entrée de l’aquarium. De toutes les façons, comme l’organisation est au top, le musée et l’aquarium sont très proches l’un de l’autre, et à 500 mètres de l’hôtel. Matinée sympa pour tout le monde et vers 13h il faut être à la gare pour reprendre le Shinkansen dans l’autre sens.
Le temps est encore couvert, ce n’est pas encore ce coup-ci qu’on pourra voir le Mont Fuji. Par contre on voit la mer de plus près, …enfin de moins près que certains au Japon l’année dernière.
Arrivée à la gare centrale de Tokyo, comme il reste encore pas mal de temps avant l’avion, on prend le train rapide pour Narita au lieu de l’Express. L’express met à peine ½ heure de moins pour un tarif 3 fois plus élevé. Mais grave erreur, le train rapide n’est pas seulement moins rapide que l’express, mais c’est plutôt un métro qu’un train et il est surtout beaucoup plus bondé à cette heure là. Alors avec des valises, on a l’air un peu incongru. On n’avait pas encore eu l’impression de la foule, là au moins on est servi. Contents d’arriver enfin à Narita, encore une nuit dans l’avion et c’est fini.
Quand on demande aux filles ce qu’elles auront retenu, la réponse est un peu déprimante, voire source de hara-kiri : «c’était nul !». En développant un peu, elles ont bien aimé le shopping, mais elles demandent un dédommagement pour tous les temples et les jardins qu’on leur a imposés. L’âge bête… vivement qu’on passe à l’étape suivante, quand on n’aura plus besoin de les amener...